Grand Zimbabwe

avril 11, 2009

Grand Zimbabwe est situé à une trentaine de kilomètres au Sud-est d Masvingo. Il s’étend sur plus de 7 Km² à la limite Sud du plateau du Zimbabwe, dans la région située entre les fleuves Zambèze et Limpopo. Il est l’exemple, le plus étendu et le plus emblématique des architectures de pierre disséminées sur le plateau du Zimbabwe et dans d’autres pays : le Mozambique, le Botswana et l’Afrique du Sud. Grand Zimbabwe fut «fréquenté» depuis des millénaires mais ce n’est que vers les X-XIème siècles que de nouvelles populations, éleveurs de bovins et exploitant l’or et le cuivre sur une vaste échelle, s’y installèrent de manière pérenne. Cette période marque le début des contacts avec les établissements arabes de la côte de l’océan Indien. Cette phase, qui s’étend jusqu’à la fin du XVème siècle, est la principale période d’occupation de Grand Zimbabwe. Vers la fin du XIIème siècle, les premières constructions en pierres de granit apparaissent. Au XIIIème siècle, l’état de Mapungubwe, situé dans l’actuelle Afrique du Sud s’effondre, et on assiste à un déplacement du pouvoir politique et économique vers le site du Grand Zimbabwe. Les premiers voyageurs portugais font mention de l’importance de ce royaume qui entretenait des relations commerciales avec les populations arabes de la côte de l’océan indien. Par la suite ce royaume fut confondu avec celui de Monomotapa fondé au milieu du XVème siècle qui lui succéda. Mais Grand Zimbabwe resta pour les Mwene Mutapa du royaume de Monomotapa, puis pour leurs successeurs Rozwi, à la fin du XVIème siècle, un important centre religieux. Vers 1830, le royaume Rozwi fut envahit et détruit par les Nguni venus d’Afrique du Sud. Seules subsistent les constructions en pierre. À l’arrivée des Européens au XIXème siècle, la région fut occupée par les Karanga; le site lui-même fut redécouvert en 1868 par un chasseur, Adam Renders et exploré en 1871 par le géologue Carl Mauch. Malheureusement, en 1891, J. Théodore Bent, nommé par Cecil John Rhodes, puis Richard Hall menèrent des fouilles «désordonnées» et contribuèrent au pillage du site. Ce qui est peut être le plus connu aujourd’hui de Grand Zimbabwe, ce sont ses oiseaux de pierre: 8 oiseaux en stéatite gris vert ont été retrouvés et ils demeurent une énigme. Sont-ce les représentations de l’aigle batteleur qui, dans la religion Shona, est un messager, un médiateur entre les esprits et les hommes ? Les célèbres oiseaux sont devenus des emblèmes nationaux comme on peut le voir sur le drapeau du Zimbabwe ou sur des timbres.

Exemple de Timbre

Exemple de Timbre

Sources :

Détours des Mondes

ArtsLivres

Découverte

Des commerçants du Portugal furent les premiers européens à visiter les ruines de la vieille ville au début du XVIe siècle. Un explorateur européen le décrivit en ces termes :
« À proximité des mines d’or de l’intérieur, entre la Limpopo et le Zambèze, il existe une forteresse de pierre d’une taille extraordinaire, sans qu’il semble que du mortier ait été utilisé… Cette construction est entourée de collines sur lesquelles se trouvent d’autres constructions similaires n’utilisant pas de mortier, et l’une d’entre elles est une tour de plus de 12 brasses (22 mètres) de haut. les habitants de la région appellent ces constructions Symbaoe, qui signifie en leur langage cour ».–Viçente Pegado, Captaine, garnison portugaise de Sofala, 1531

Au XIXe siècle, après que les ruines furent redécouvertes par Adam Renders en 1868, et rapportées par Karl Mauch en 1871, elle devinrent rapidement connues des lecteurs anglais, par les écrits de J. Theodore Bent, sous le patronage de Cecil Rhodes. Bent, que ses expériences archéologiques avaient conduit en Grèce et en Asie mineure, estima que ces ruines permettaient d’identifier leurs constructeurs, les Phéniciens. Même après la publication de Ruined Cities of Mashonaland, de nombreuses théories sur les origines de la ville continuèrent à être formulées. Toutes avaient un élément commun : la ville ne pouvait pas avoir été bâtie par des Bantous. Elle devait avoir une origine méditerranéenne ou biblique. Mauch pensait à la cité d’Ophir de la Reine de Saba.

Ces spéculations furent balayées par les premiers vrais archéologues qui fouillèrent le site, aux environs de 1905. Il est maintenant établi et reconnu par tous que le Grand Zimbabwe fut fondé par un peuple africain, dont les descendants vivent en Afrique australe, et sans doute au Zimbabwe même.

À la fin XIXe siècle, alors que ces précisions historiques faisaient encore défaut, l’écrivain Rigger Haggard, qui fut fonctionnaire du gouvernement du Transavaal, consacre un roman-fleuve aux « Mines du Roi Salomon » avec en annexe une notice d’une dizaine de pages, hautes en couleur et en descriptions aux travaux de son ami Théodore Bent sur le grand Zimbabwe, construit selon Bent et ses amis par les « Himyarites de l’Arabie », regroupés par eux dans la catégorie des phéniciens.

Une pierre à savon sur lequel un oiseau était gravé, fut rapporté du Grand Zimbabwe par l’un des premiers visiteurs européens à Cecil Rhodes qui, intrigué par cet objet, en fit des copies qu’il donna à des amis.

Le Grand Zimbabwe est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sources:

Wikipedia

La Paix (anglais)

janvier 26, 2009

L’os de Lebombo

Dans les montagnes du Lebombo entre l’Afrique du sud et le Swaziland, on a découvert durant les années 70 un péroné de babouin très particulier. Les datations faites révèlent que cet objet date de 35 000 à 37 000 avant J. C. C’est le fameux « Os de Lebombo » qui possède 29 encoches faites volontairement par l’homme et qui présentent d’étroites similitudes avec les bâtonnets servant de calendrier encore utilisés par les Bushmen de Namibie.

Cet os témoigne de l’existence d’un système de comptage très sophistiqué qui permettait à l’homme de maîtriser le temps (phases de la lune…). C’est la première trace visible de l’émergence de calculs dans l’histoire de l’humanité, comme en témoigne le chercheur anglo-saxon Richard Mankiewicz :

« Le plus ancien témoignage de calcul numérique a été exhumé au Swaziland en Afrique Australe. Il date d’environ 35 000 ans av. J. C. et consiste en un péroné de babouin portant 29 encoches nettement visibles« .

L’os d’Ishango

PRESENTATION PUBLIQUE DE L'OS ISHANGO, EXPOSITION SCIENTIFIQUE - BELGIQUE - 2001

Un autre objet renforce cette primauté africaine : c’est l’Os d’Ishango. Découvert par un géologiste belge du nom de Jean de Heinzelin de Braucourt, il est aujourd’hui entreposé au 19ème étage de l’Institut Royale des Sciences Naturelles de Belgique dans la ville de Bruxelles. Cette découverte a fait la renommée du chercheur belge qui avant, avait effectué des recherches en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique. Mais c’est en Afrique, en 1950, en plein Congo Belge, qu’il a fait la découverte de sa vie.

JEAN DE HEINZELIN DE BRAUCOURT

Sur le site d’Ishango, à 15 km de l’Equateur sur l’une des rives du lac Edward, il a découvert un os particulier d’une longueur de 10 cm, datant de 25 000 ans av. J. C., qui révèle que l’homme se livrait déjà en Afrique une activité scientifique de haut niveau.

Cet objet, figure officieusement dans le « hall of fame » des découvertes archéologiques mondiales. Il met en relief la précocité du génie africain qui a guidé les premiers Homo Sapiens Sapiens Africanus, génie qui aboutira à la création de la civilisation Egypto-Nubienne en Afrique.

OS D'ISHANGO

Source: Africamaat

Entretien entre LesAfriques.com et l’historien Djibril Tamsir Niane  sur la  » Charte du Manden « , une déclaration des droits de l’homme faite en Afrique depuis 1236:

Les Afriques : Qu’est-ce que la charte de Kurukan Fuga ?
Djibril Tamsir Niane :
La charte de Kurukan Fuga est un ensemble de « décisions » et de « recommandations » prises par l’assemblée des alliées que Soundjata a convoquée au lendemain de la victoire de Kirina qui lui donna le dessus sur Soumaoro Kanté. C’était en 1236. Ces décisions et recommandations de fait constituent une loi fondamentale qui a servi d’assise à l’empire créé par Soundjata, l’empire du Mali.

« N’offensez jamais les femmes, nos mères. »

LA : Que représente-t-elle pour l’Afrique ?
DTN :
La charte du Mandé dédouane l’Afrique considérée jusque-là comme continent de régression, de violence et d’immobilisme. Il faut s’affranchir des clichés et autres préjugés. La charte du Mandé enseigne la tolérance, la fraternité entre clans et ethnies. La cohésion entre les membres de la société semble avoir été le plus grand souci des hommes et femmes réunis à Kurukan Fuga. Mettre en place un mécanisme de règlement de conflits a été donc la grande affaire : ainsi la parenté à plaisanterie (*) a été institutionnalisée, ainsi que son corollaire, les correspondances entre patronymes, les alliances entre clans. Sa vertu essentielle, c’est de créer un climat de franche convivialité entre les protagonistes en précisant les droits et devoirs qu’ils ont les uns envers les autres pour vivre en paix tout en renforçant la solidarité. La parenté à plaisanterie est fondée sur un pacte signé par les ancêtres et qui a un caractère sacro-saint. Le droit d’aînesse, un des solides piliers de l’édifice social, est expressément prôné par la charte. Ce sont là des valeurs qui ne sauraient être frappées de caducité.

LA : Peut-on dire que dans l’histoire de la pensée humaine, elle est d’une importance comparable à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française ?
DTN : Il est dit dans la charte du Mandé : « Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique… » Peut-on mieux dire pour garantir la sécurité de l’individu. Cela, la charte l’a exprimé avant la Déclaration des droits de l’homme de 1789, et même avant la Magna Carta des Britanniques de 1297 ; le habeas corpus est le fondement historique des libertés civiles anglaises qui dispose : « Aucun homme libre ne sera pris et emprisonné, ni dépossédé, ni exilé, ni ruiné, de quelque manière que ce soit, ni mis à mort ou exécuté, sauf à la suite d’un jugement loyal des ses pairs et par les lois du pays ». Cette idée capitale qui fonde les droits de l’homme a été exprimée en 1236 à Kurukan au cœur du continent africain.
Mais à l’inverse de la Déclaration des droits de l’homme, la charte de Kurukan Fuga n’a pas bénéficié d’une large diffusion hors du continent africain. A cause de son caractère oral.
Il s’agit de voir vivre nos populations, il s’agit d’observer nos comportements pour comprendre qu’aujourd’hui encore, autant qu’hier, nous sommes sous la loi de la charte. Elle a pour l’Afrique, singulièrement l’Afrique de l’Ouest, une importance aussi grande que celle de la Déclaration des droits sur les peuples européens.
La parenté à plaisanterie qu’elle a institutionnalisée n’est pas plus la propriété des Mandingues qu’elle n’est celle des Ouolofs, des Sérères, des Peuls ou des Soninkés. Chacun la croit élaborée, créée par son peuple. Il ne vient à l’idée de personne qu’à un moment donné elle a été institutionnalisée par Soundjata au XIIIe siècle. Elle appartient au vécu commun de nos peuples qui ont évolué trois siècles durant dans la région de l’empire du Mali.

« Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements. »
La charte commande encore les relations entre groupes. Tous les peuples s’en sont appropriés. Les relations de cousinage entre Peuls et Sérères, entre Mandingues et Peuls et les correspondances de noms patronymiques tels que Diarra (chez les Mandingues), Ndiaye (chez les Ouolofs ou chez les Sérères) et Diatta (chez les Diolas) ; l’équivalence entre Traoré (chez les Mandingues) et Diop (chez les Ouolofs), entre Gueye (Ouolofs) et Sissoko, Fakoli (Mandingues) ; toutes ces équivalences ou correspondances remontent au temps de l’empire du Mali.
Ce n’est point hasard si l’on constate aujourd’hui que l’ouest africain, c’est-à-dire la CEDEAO, est la 1ère sous-région du continent à avoir adopté une loi sur la libre circulation des hommes et des biens !

LA : Comment a-t-elle été découverte ?
DTN : Les chercheurs, depuis la parution de l’épopée mandingue en 1960, en connaissaient l’existence ; connaissaient quelques articles, mais on ne disposait pas du texte intégral. Il fallut attendre 1998. Comme cela arrive bien souvent, on l’a découverte alors qu’on ne la cherchait pas ! Des traditionnistes mandingues du Burkina-Faso, de Guinée, du Mali et du Sénégal avaient été regroupés par le CELHTO et Intermédia Consultants, à la diligence de la Francophonie. L’objet du séminaire qui a réuni communicateurs modernes et Djéli était de favoriser une meilleure collaboration pour la sauvegarde du patrimoine oral africain.
Les griots de la Ville Kankan (Guinée), où se tenait le séminaire, organisèrent une soirée culturelle au cours de laquelle les griots déclamèrent l’éloge de Soundjata. Les communicateurs modernes ne s’y trompèrent pas, les maîtres de la parole étaient en train d’énoncer, chacun pour ce qu’il sait, des lois prises par Soundjata et ses compagnons à Kurukan Fuga au cours de l’assemblée qui s’est tenue en ce lieu.
Ainsi, fortuitement, on put reconstituer le texte oral de la charte. Ce texte maninka fut traduit par des linguistes guinéens sous la supervision de Siriman Kouyaté, traditionnaliste et magistrat. Ce texte connut une large diffusion par les soins du CEHLTO. Il vient d’être publié par la Société africaine d’édition et de communication (S.A.E.C) et l’Harmattan.

LA : Quelles sont les garanties de son authenticité ?
DTN :
Les griots qui se sont produits à Kurukan Fuga appartiennent à des « écoles », à des familles de traditionnistes possédant des corpus. Donc, il s’agit des tenants de la tradition orale, assermentés. Les déclamations sont intervenues impromptues, sans préparation, dans le cadre simple d’une soirée. Il s’agissait pour chacun de dire ce qu’il sait. Si tous savaient qu’il y avait en tout 44 articles, aucun d’eux ne possédait les 44 énoncés. Quand ils se sont retrouvés entre eux, ils n’eurent pas de peine pour les aligner les uns les autres.

« Ne faites jamais du tort aux étrangers. »
Chacun dit : « Je dis ce que mon maître m’a enseigné ». On sait que la croyance est forte qui dit qu’un Djéli qui trahit la parole transmise sera frappé par le sort. « La parole altérée le mange ». On n’encourt par un tel risque quand on officie au milieu de ses pairs en assemblée de griots ! Chacun est fier de la chaîne de transmission dont il est l’aboutissement.

* Parenté à plaisanterie : pratique sociale qui autorise, et parfois même oblige, des membres d’une même famille, ou des membres de certaines ethnies entre elles, à se moquer ou s’insulter, et ce sans conséquences ; ces affrontements verbaux étant en réalité des moyens de décrispation sociale.

Sources: Les Afriques

La Charte de Kurukan Fuga Source

La Déclaration universelle des droits de l’Homme Source

JENNE-JENO (ou DJENNE)

août 4, 2008

JENNE-JENO, UNE ANCIENNE CITE AFRICAINE

Susan Keech McIntosh et Roderick J. McIntosh

Roderick et Susan McIntosh menerent des fouilles archeologiques sur le site de Jenne-jeno et les sites voisins en 1977 et 1981 sur financement du National Science Foundation des Etats Unis d’Amerique et de l’American Association of University Women. Les resultats de ces recherches furent la base de leurs theses de Ph. D., respectivement a Cambridge University et University of California at Santa Barbara. Les McIntosh ont publie deux monographies et de nombreux articles sur leurs recherches dans le Delt a Interieur du Niger. Ils sont tous deux professeurs d’anthropologie a Rice University a Houston au Texas. Ils continuent a collaborer avec leurs collegues maliens de l’Institut des Sciences Humaines dans le cadre des recherches dans le Moyen Niger.

Pendant plusieurs siècles, le haut bassin du Delta Intérieur du Niger, entre Mopti et Ségou, a été un carrefour vital pour les échanges commerciaux. Les sources historiques comme les récits de Réné Caillié aussi bien que ceux des Tarikhs locaux (écrits en Arabe) nous détaillent le rôle central que Jenné joua dans les activités commerciales au Soudan Occidental pendant les 500 dernières années. Au XVIIè siècle, l’auteur du Tarikh es-Sudan, al-Sadi, écrit que « c’est grâce à cette ville bénie que les caravanes viennent à Tombouctou de tout point de l’ horizon ». Selon le fameux ouvrage de Bovill, « Golden Trade of the Moors », l’or provenant des lointaines mines du sud, était acheminé par voie terrestre jusqu’à Jenné et transporté dans des pirogues à fond large à Tombouctou d’où il regagnait par chameau les marchés de l’Afrique du Nord et de l’Europe. Aujourd’hui, la magnifique architecture en banco de Jenné dans son distinctif style soudanais témoigne de ces anciens liens commerciaux avec l’Afrique du Nord.

Situé à trois kilomètres au sud-est de l’actuelle ville de Jénné, la large butte appelée Jenné-Jeno (ancienne Jenné) ou Djoboro (Pl. 1) est considérée par la tradition orale comme l’emplacement originel de Jenné. Dénudé et recouvert de tessons de poterie, Jenné-jeno demeura muette à propos de son histoire et de sa signification pendant des siècles.

Les fouilles scientifiques menées durant les années 1970 et 1980 révélèrent que la butte était constituée de plus de cinq mètres de dépôts culturels accumulés au cours de seize siècles d’occupation dont le début remonte à 200 av. JC. Ces fouilles non seulement doublèrent la période connue sur l’histoire de la région, mais aussi donnèrent d’admirables conclusions sur le développement de la société au plan local. Les résultats rejetèrent les premières assomptions qui, en fait, considéraient l’émergence des sociétés hiérarchisées, le début de l’urbanisme et du commerce à longue distance comme des innovations qui prirent place avec l’arrivée des Arabes d’Afrique du Nord au VIIè-VIIIè siècle. En effet les fouilles à Jenné-Jeno et sur les sites voisins ont clairement démontré la précocité et le caractère autochtone du développement du commerce et des complexités sociales. L’importance de ces découvertes a conduit l’UNESCO à inscrire le site, et cela avec la ville de Jenné, sur la liste du Patrimoine Mondial.

La première occupation à Jenné-jeno.

Il semble que l’occupation permanente devint possible dans le haut bassin du Delta Intérieur aux environs du IIIè siècle av. JC. Avant cette période, le régime des crues du Niger était apparemment plus actif. Dans un tel environnement humide, les maladies causées par les insectes, en particulier la mouche tsé-tsé, décourageaient toute personne voulant occuper la région. Entre 200 av. JC et 100 ap. JC, le Sahel connut d’importants épisodes de sécheresse. Ces épisodes faisaient partie d’une tendance générale de sécheresse qui commença depuis 1000 av. JC. Avant cette période, de nombreux éleveurs et fermiers habitaient la région qui est aujourd’hui le sud du désert du Sahara. Dans cette région de lacs peu profonds et de plaines à steppe, les populations vivaient d’élevage de bovins, caprins et ovins, de culture du petit mil et de pêche. Comme le climat devenait remarquablement de plus en plus sec après 1000 BC, ces populations, petit à petit, se déplacèrent le long des rivières qui coulent plus au sud. Là, elles trouvèrent des zones écologiques présentant un environnement plus hospitalier. L’une de ces zones était la grande plaine d’inondation du Delta Intérieur du Niger avec son riche sol alluvial et un régime de crues favorable à la culture du riz. Les premiers dépôts, à environ six mètres de profondeur à Jenné-jeno (Pl. 2), ont fourni une abondante quantité de riz local, de sorgho, de petit mil et diverses herbes sauvages. La population qui s’installa à Jenné-jeno produisait et utilisait le fer pour confectionner à la fois bijoux et outils. Cela est intéressant car il n’y a aucun minerai de fer dans la plaine d’inondation. Les premiers habitants de Jenné-jeno étaient donc déjà en train de faire des échanges avec d’autres régions. Ils importaient aussi des meules en pierre et des perles. La présence de deux perles en verre d’origine romaine ou grecque suggère qu’une petite quantité de produits exotiques atteignait l’Afrique de l’ouest, probablement après avoir passée par plusieurs intermédiaires. Nous n’avons détecté aucune évidence de l’influence du monde méditerranéen sur les sociétés locales pendant cette période.

L’occupation originelle, qui apparaît avoir eu lieu sur un petit lopin de terre relativement plus élevé, était peut-être limitée à quelques huttes circulaires construites avec des murs de chaume enduit avec du banco. Dans les premiers nivaux, nous avons trouvé plusieurs fragments de torchis brõlés avec des impressions de nattes. Les tessons de poterie associés à ces premiers matériels proviennent de petits vases finement fabriqués et à parois minces. Ces types d’artefacts et de matériaux de construction persistent jusqu’à 450 ap.JC. Ils ont été trouvés dans une grande partie du site de Jenné-jeno. Cela indique que le site était en train de s’étendre. En fait, en 450 ap. JC, le site s’était agrandi jusqu’à couvrir 25 hectares.

Jenné-jeno fleurit : 450-1100 ap. JC.

Dans les dépôts culturels datant du Vè siècle, il y avait des indications claires d’un changement dans l’organisation sociale. Nous avons trouvé des cimetières bien organisés, avec des inhumations dans de larges jarres funéraires (Pl. 3) et dans de simples fosses aux abords du site. Dans un sondage dans la partie ouest de Jenné-jeno, des indices indiquent que l’on avait agrandi le site en amoncelant la terre en provenance des franges de la plaine d’inondation. De nouveaux produits d’importation comme le cuivre (importé de régions situées à plusieurs centaines de kilomètres), l’or (acheminé de mines encore plus lointaines), font leur apparition. Une forge près de l’un des sondages implantés dans la partie centrale du site et datant environ de 800 ap. JC servait à mouler des parures en cuivre et en bronze et aussi à forger le fer. L’évidence des activités de forge continua dans ce sondage pendant encore 600 ans, suggérant que les artisans s’étaient organisés en groupe specialises, opérant dans des endroits spécifiques comme nous pouvons le voir de nos jours à Jenné.

Depuis le Vè siècle jusqu’au IXè siècle de notre ère, les maisons circulaires étaient construites avec des mortiers de banco, ou du banco entassé. Pendant cette période, la ville continuait à se développer. En 850 ap. JC, elle couvrait sa plus grande superficie: 33 hectares. Nous connaissons cela en raison de la présence de tessons de poterie provenant de vases peints et produits à Jenné-jeno uniquement pendant la période s’étendant entre 450 ap. JC et 850 ap. JC. Nous avons aussi trouvé ces tessons de poterie sur le site voisin de Hambarketolo. Cela suggère que les deux sites, qui sont connectés, avaient une superficie totale de 41 hectares (100 âcres) et fonctionnaient comme un même complexe urbain (Pl. 4).

Au IXè siècle, deux changements remarquables surviennent (Pl. 5): les maisons avec les fondations en mortier sont remplacées par une architecture basée sur des briques cylindriques et la poterie peinte par une poterie décorée avec des impressions ou des tampons. Ces nouveautés, dont les sources sont inconnues, ne provoquèrent pas des changements fondamentaux dans la forme ou la configuration générale des maisons ou de la céramique. Il est donc invraisemblable que ces nouveautés étaient accompagnées d’un changement majeur dans la composition ethnique de la société. Le principal modèle était le changement dans la continuité. Une des premières structures construites avec les briques cylindriques (Pl. 6) semblait être le mur d’enceinte qui était large de 3,70 mètre à sa base et s’étendait sur presque deux kilomètres autour de la ville. Toutes ces indications d’une organisation sociale de plus en plus complexe sont particulièrement importantes car elles nous aident à comprendre le contexte autochtone du développement de l’empire du Ghana, une confédération influente qui consolida son pouvoir au sein de vastes zones au nord et à l’ouest du Delta Intérieur du Niger quelque temps après 500 de notre ère. A ce jour, Jenné-jeno est le seul site qui fournit des informations sur la nature des changements et sur la complexité sociale dans le Sahel avant l’établissement du commerce transsaharien. Bien que des fouilles aient été conduites à Kumbi Saleh (au sud de la Mauritanie), la capitale présumée de l’empire du Ghana, celles-ci furent centrées sur les ruines en pierre datant de la période du commerce transsaharien.

Sur le plan régional, plus de 60 sites archéologiques émergent de la plaine d’inondation dans un rayon de quatre kilomètres autour de la ville actuelle de Jenné (Pl. 7). Plusieurs de ces sites étaient occupés au moment où Jenné-jeno florissait entre 800 et 1000 de notre ère. Nous avons suggéré que cet extraordinaire groupement d’établissements humains résultait d’une concentration de population autour d’une rare conjonction de potentiels (Pl. 8): excellent sol pour la culture du riz, levées portant des pâturages pendant la saison des crues, bassin utilisés comme pâturage pendant la saison sèche et accès aux majeurs fleuves, rivières et à tout le système de marigots secondaires et tertiaires pour la communication et le commerce.

Déclin : 1200 – 1400 ap. JC.

Aux XIè et XIIè siècles, l’évidence des premières influences provenant du monde islamique ou de l’Afrique du Nord, apparaît à Jenné-jeno. Ces influences, non ambiguÎs, se traduisent par la présence de bronzes, de fusaðoles et de maisons rectilinéaires. Cela intervient près de la date traditionnelle considérée par le Tarikh es-Sudan comme la date de conversion du roi de Jenné (Koi Komboro) à l’Islam, 1180 ap. JC. Après cette date, Jenné-jeno commença une période de 200 ans caractérisée par un déclin et un abandon graduel. Finalement, en 1400 de notre ère, elle devint une ville fantôme. Nous pouvons spéculer que Jenné-jeno déclina au profit de Jenné et peut-être en rapport avec l’ascendance de la nouvelle religion, l’Islam, aux détriments des pratiques religieuses traditionnelles. La continuation des inhumations en jarres funéraires encore au XIVè siècle nous dit que beaucoup des occupants de Jenné-jeno ne s’étaient pas convertis à l’Islam. La production, en grand nombre, de statuettes en terre cuite pendant cette période et même aux XIVè et XVIè siècles ailleurs dans le Delta Intérieur du Niger marque peut-être l’existence de poches de résistance culturelle (de la part de ceux qui restaient favorable au maintien des pratiques religieuses traditionnelles ) à l’Islam ou aux leaders qui pratiquaient cette religion. Quel que soit la cause de l’abandon de Jenné-jeno, elle se déroula dans un contexte régional plus étendu, car la plupart des sites autour de Jenné-jeno qui étaient occupés en 1000 ap. JC, sont désertés en 1400. Qu’est-ce qui causait ce réalignement de la population? Encore une fois, nous ne pouvons que spéculer. Apparemment, certains habitants se convertirent à l’Islam et s’installèrent à Jenné où la richesse et les opportunités de commerce étaient en train de se concentrer. Mais, il y a aussi le fait qu’à partir de 1400 de notre ère, le climat était en train de devenir de plus en plus sec, causant des remous politiques plus au nord et l’abandon de régions entières. Par exemple, à cause de la sécheresse, le Méma (étudié par l’archéologue malien, Téréba Togola) ne pouvait plus supporter les groupes d’éleveurs et d’agriculteurs qui l’habitaient. Certains de ces facteurs, sinon tous, étaient probablement impliqués dans l’abandon de Jenné-jeno.

Il est facile d’atteindre Jenné-jeno à partir de Jenné. Les ruines de maison et les tessons de poterie à sa surface sont très évocatifs de sa riche histoire. En examinant les profonds ravins qui déchirent la surface, l’on est en train de remonter 1000 ans d’histoire. Mais, s’il vous plaît, rappelez-vous que ce n’est qu’une toute petite partie du puzzle de l’histoire de Jenné-jeno qui a été reconstituée. Tous les artefacts que vous voyez constituent les éléments qui permettront aux archéologues de compléter plus tard l’étude sur son histoire. De ce fait ce sera d’un apport inestimable si vous nous aidiez à sauvegarder ce riche héritage qui loin d’être pour le Mali uniquement, appartient au monde entier. Pour la préservation de cette richesse nous vous prions de respecter le règlement suivant en visitant le site:

S’IL VOUS PLAIT, N’ENLEVEZ AUCUN OBJET ARCHEOLOGIQUE DE N’IMPORTE QUEL ENDROIT DE JENNE-JENO OU DE N’IMPORTE QUEL AUTRE SITE ARCHEOLOGIQUE.

S’IL VOUS PLAIT, N’ACHETEZ OU NE COLLECTEZ AUCUN OBJET ARCHEOLOGIQUE OU STATUETTE VENANT DE SITES ARCHEOLOGIQUES. Ces matériels proviennent de fouilles illicites menées sur les sites du pays. Cela entraîne la destruction et la disparition de données irremplaçables et essentielles à l’étude de l’héritage du Mali.

SACHEZ QUE LES STATUETTES ET AUTRES OBJETS ARCHEOLOGIQUES SONT PROTEGES PAR LA LOI MALIENNE SUR LES ANTIQUITES. Cette législation prévoit des pénalités contre les personnes qui enlèvent et tentent d’exporter les objets archéologiques sans une autorisation officielle.

Source: http://www.ruf.rice.edu/~anth/arch/brochure/broch-fr.html

Djenné en 2006

Djenné from tim tyson short on Vimeo.

L’obélisque d’Axoum

juin 17, 2008

Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a signé aujourd’hui un contrat avec l’entreprise de construction Lattanzi s.r.l. afin de commencer la réinstallation de l’obélisque d’Axoum. Egalement connu sous le nom de Stèle 2, l’obélisque est la seconde plus haute stèle du site du patrimoine mondial d’Axoum en Ethiopie. Transporté à Rome par les troupes de Mussolini en 1937, il a été restitué par le gouvernement italien en avril 2005. Pesant 150 tonnes et mesurant 24 mètres de haut, l’obélisque a été déposé près des autres stèles, pas loin de son emplacement d’origine.

Datant d’environ 1700 ans, l’obélisque est devenu le symbole de l’identité du peuple éthiopien. La signification de sa restitution après une période de 68 ans et le défi technique du transport et de la réinstallation de l’obélisque sur le site sont parmi les exemples d’autres projets historiques de l’UNESCO, comme Abou Simbel, où des temples égyptiens ont été entièrement déplacés depuis leur emplacement d’origine afin de les protéger du danger d’immersion, entrainé par la construction du barrage d’Assouan.

Le budget total du projet s’élève à 2,833985 USD, et est financé par le Gouvernement italien, qui a également pris en charge le transport de l’obélisque et les études s’y référant, conduites par l’UNESCO en collaboration avec les autorités et les experts éthiopiens. L’entreprise Lattanzi a commencé à rassembler ses ressources humaines et techniques afin de débuter les travaux à la mi-juillet. Ceux-ci se dérouleront en deux parties, échelonnées sur une période de 18 mois. Pendant la première phase, des fondations seront réalisées pour soutenir l’obélisque et une tour temporaire en acier sera fabriquée afin de déplacer les différentes parties de l’obélisque. Dans un second temps, la structure en acier sera édifiée, et l’obélisque pourra être érigé. Enfin, il s’agira de nettoyer la surface de l’obélisque, de la restaurer, avant le démantèlement de la structure d’acier.

Les ruines de l’ancienne ville d’Axoum, située dans le nord-est de l’Ethiopie sont les vestiges du royaume d’Axoum, état le plus puissant entre l’Empire romain d’Orient et la Perse. Les imposantes ruines d’Axoum remontent aux alentours du I er et XIIIème siècle après J.C. Les stèles monolithiques y furent érigées pendant les IIIè et IVè siècles après J. C. en tant que monuments funéraires dédiés à des membres de l’élite. Le site d’Axoum a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1980.

Les autorités éthiopiennes envisagent de célébrer la fin de l’année 2000 de leur calendrier qui aura lieu le 11 septembre 2008, et sera marquée par l’inauguration de la réinstallation de l’obélisque.

Source: UNESCO

Le Royaume d’Axoum

juin 17, 2008

Aksoum, ancien royaume d’Éthiopie, probablement fondé au Ier siècle de notre ère dans la région du Tigré.
Selon la tradition copte chrétienne, le royaume, dont la capitale était Aksoum, aurait été fondé par Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la reine de Saba. Ayant volé l’Arche d’Alliance dans le Temple de Jérusalem, Ménélik l’aurait cachée à Aksoum. Les recherches archéologiques et historiques n’ont pas encore permis de dévoiler toute l’histoire du royaume, première entité politique constituée en Éthiopie.
Le royaume d’Aksoum est mentionné pour la première fois dans un texte grec anonyme, le Périple de la mer Érythrée, daté du Ier ou du IIIe siècle apr. J.-C. Sa fondation, beaucoup plus récente que le rapporte la tradition copte, qui rattache ainsi la naissance de l’Éthiopie à l’histoire biblique, est liée à l’établissement dans cette région, à partir du Ve siècle avant notre ère, de populations originaires de l’Arabie du Sud. Les relations avec les royaumes sabéens du Yémen sont établies par la présence d’inscriptions et de monuments appartenant à la culture sabéenne et datés du Ve siècle au IIIe siècle av. J.-C.
Le royaume d’Aksoum avait établi des liaisons commerciales avec le monde gréco-romain ainsi qu’avec l’Inde et il occupa une position importante dans la rivalité entre les Empires romain et perse. Lorsque déclinèrent les royaumes yéménites, il étendit sa domination sur la mer Rouge jusqu’au Yémen.
Vers 320, le souverain d’Aksoum fut converti au christianisme monophysite par un naufragé syrien, devenu saint Frumence, et la Bible fut traduite en guèze, langue sémitique alors parlée dans le royaume. La conversion massive de la population fut plus tardive. Elle fut le fait de missionnaires originaires d’Antioche, venus en Éthiopie au Ve siècle.
Le déclin du royaume s’amorça avec la conquête musulmane, qui, au VIIe siècle, isola l’Éthiopie chrétienne. Au Xe siècle, Aksoum fut dévasté par les troupes d’une reine païenne ou judaïsante. Les églises furent brûlées et de nombreux habitants emmenés en esclavage. Au XIIIe siècle, un nouveau royaume chrétien fut fondé plus au sud, qui avait pour capitale Roha. Mais la référence au royaume d’Aksoum est demeurée l’un des éléments constitutifs de l’identité éthiopienne.

Source: MSN ENCARTA

Nabta Playa

avril 18, 2008

On désigne sous le nom de Nabta Playa une ancienne peuplade noire d’origine nubienne, qui, au -IXe millénaire, descend d’abord le Nil pour s’en éloigner ensuite, colonisant des sites sahariens beaucoup moins arides qu’aujourd’hui.

Cette population nubienne a donné son nom à un site préhistorique situé au sud de l’Égypte (en Haute-Égypte, à 100 km à l’ouest d’Abou Simbel), avec pour position approximative: Latitude 22° 32′ 00″ Nord; Longitude 30° 42′ 00″ Est. Ce site qui occupe une dépression située en plein désert de Nubie (partie orientale du Sahara) semble avoir été actif du IXe au Ier millénaire avant notre ère. Ce site se trouvait sur l’ancienne piste caravanière qui reliait Abou Simbel à Bir Kiseiba et au-delà.

Ce site, bien conservé par les conditions désertiques du climat, offre un grand intérêt pour plusieurs disciplines : anthropologie, archéologie, préhistoire, égyptologie, agriculture, etc.

Sur ce site a été découvert, outre des silex et poteries, un important champ mégalithique vieux de 6 000 à 6 500 ans, soit 1 000 ans de plus que Stonehenge (Wiltshire, Angleterre) contemporain avec le cercle de Goseck en Allemagne. Il s’agit d’un monument à vocation astronomique ; on pourrait parler d’un « observatoire de pierre ». En effet, cinq mille ans avant notre ère, le peuple de Nabta Playa a édifié le plus ancien mégalithe à vocation astronomique connu. Des recherches récentes ont montrées qu’il s’agissait d’un calendrier préhistorique marquant précisément le solstice d’été.

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabta_Playa

Nabta Playa

Source: http://farm3.static.flickr.com/2358/1499528156_1f5aec392c_o.jpg

Histoires de la Nubie

février 20, 2008

La Nubie est l’une des plus anciennes civilisations d’Afrique. Son Histoire nous édifie sur l’organisation sociale et l’intérêt scientifique que les africains développaient déjà à l’époque.

Nous aimerions partager avec vous ces informations sur la Nubie.

1-Le cadre géographique et le peuplement

« Historiquement, comme en font foi les plus anciens textes égyptiens, la Nubie commençait, lorsque l’on venait du nord, un peu après El-Kab.

Carte de l'ancienne Nubie

En effet, la province égyptienne située entre Thèbes et Assouan porta longtemps le nom de “Pays de l’Arc“, en égyptien ancien Ta-Seti, qui traditionnellement dans les documents hiéroglyphiques désigne ce que nous appelons la Nubie” (S. Adam & J. Vercoutter, cf. L’Histoire Générale de l’Afrique, Paris, JA/Stock/UNESCO, 1980, chapitre 8, p. 241).

II convient alors de remarquer que le site des nécropoles royales les plus anciennes d’Egypte se trouvent à Hiérakonpolis, situé légèrement au sud de El Kab donc en Nubie. On peut rappeler à ce propos le témoignage de l’historien grec Diodore de Sicile (circa 63 (?) avant notre ère, 14 après) : “Les Ethiopiens disent que les Egyptiens sont une de leurs colonies qui fut menée en Egypte par Osiris. Ils prétendent même que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer, mais que le Nil, entraînant dans ses crues beaucoup de limon d’Ethiopie, l’avait enfin comblé et en avait fait une partie du continent … Ils ajoutent que les Egyptiens tiennent d’eux, comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois” (Diodore de Sicile, Histoire Universelle, Livre III).

Remarque importante : Les Ethiopiens, au sens des Auteurs anciens grecs et latins, sont les Nubiens.

L’étymologie du mot Nubie est le terme égyptien ancien Nub qui signifie or en égyptien ancien : l.

Le toponyme de Koush qui renvoie à la Nubie est souvent rencontré :

“C’est à partir du second millénaire av. J.C. que les textes pharaoniques commencent à mentionner le toponyme Koush. Il servait à désigner une entité socio-politique de la Haute Nubie dont la constitution a eu lieu entre 2200 et 2000 av. J.C.” (Babacar Sall, “L’avènement des Candaces“, Ankh n°3, juin 1994, pp. 68-81, voir aussi : Babacar Sall, Les racines Ethiopiennes de l’Egypte ancienne, Paris, Khepera/L’Harmattan, 1999).

Le Soudan actuel recouvre un grande partie de la Nubie de l’antiquité Nubio-égyptienne. L’étymologie de Soudan pourrait être la lecture de l’expression égyptienne n y swt (qui désigne la royauté et signifie “qui appartient au Sud”) dans l’ordre apparent des signes hiéroglyphiques, ce qui donnerait Souten > Soudan (?) (cf. C. A. Diop, Civilisation ou Barbarie, Paris, Présence Africaine, 1981, p. 136).

Il faut noter l’existence de plusieurs a priori de la part de nombre d’historiens et égyptologues concernant les liens entre la Nubie et l’Egypte pharaonique, visant à opposer de manière arbitraire Nubiens et Egyptiens anciens au plan ethnique :

– Le caractère supposé presque infranchissable des cataractes agissant comme autant de cloisons quasi-étanches entre la Basse vallée du Nil et l’Afrique central vis-à-vis des mouvements de population,

– Une supposée occupation déterminante de la vallée du Nil par des populations venues du Nord,

– L’existence à certaines périodes de relations conflictuelles entre la Nubie et l’Egypte anciennes,

Les expressions du type « Soudan, au pays des pharaons noirs », « Les pharaons noirs de la XXVème Dynastie », « Des pharaons venus d’Afrique »que l’on rencontre souvent témoigne de la persistance de ces postulats idéologiques qui veulent à tout prix faire des Egyptiens anciens des non-Noirs, en dépit des découvertes archéologiques et des travaux notamment des chercheurs africains : C. A. Diop, T. Obenga, B. Sall, A. M. Lam, … voir en particulier le rapport du Colloque d’Egyptologie du Caire, (1974), les différents numéros de la revue ANKH et l’ouvrage de Babacar Sall, Les racines Ethiopiennes de l’Egypte ancienne, (Paris, Khepera/L’Harmattan, 1999).

Les cataractes, le Batnel-Haggar (« Le ventre de pierres ») : région rocheuse en amont de la 2ème cataracte.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nubie#Le_Royaume_de_Koush

Les plus anciens habitants connus de la Nubie sont les Badariens, suivis des Amratiens puis des Gerzéens, appelés civilisations du « groupe A ». Depuis l’installation des Gerzéens, la Nubie a réellement commencé à se former – période qui correspond à l’avènement enÉgypte de la I re dynastie, vers l’an -3100. Les Gerzéens étaient à l’origine un peuple nomade, qui s’installa en Nubie pour devenir éleveurs, s’occupant de moutons, de chèvres et de quelques vaches. Ils se distinguent par leurs poteries et leurs rites funéraires, très différents de ceux des Égyptiens.

La culture gerzéenne déclina aux alentours du XXVIIIe siècle av. J.-C., suivie par les civilisations dites du « groupe B ». On a parfois considéré que les peuples du groupe B avaient envahi la Nubie – on pense aujourd’hui que le groupe B est issu du groupe A. Ces peuples étaient bien plus pauvres que les précédents, et bien moins nombreux. On suppose donc une attaque ou des pillages, probablement égyptiens, qui auraient provoqué une crise en Nubie.

Avec le commerce en Égypte, la Nubie réussit à acquérir un certain niveau de vie et de stabilité. Autour de la VIe dynastie égyptienne, la Nubie fut divisée en petits royaumes – il y a débat concernant l’appartenance ou non des royaumes à un hypothétique « groupe C ». On remarque l’étonnante similitude entre les poteries des anciens du groupe A et celles du groupe C, semblant dénoter soit une nostalgie de ces derniers, soit un retour des premiers. Le désert du Sahara était à cet époque suffisamment invivable pour provoquer l’exode soudain des peuples nomades qui y résidaient normalement, se réfugiant alors en partie en Nubie.

Des civilisations du groupe C, la première à unifier les régions autour d’elle fut celle du royaume de Kerma – royaume qui tient son nom de la cité de Kerma, que l’on suppose avoir été sa capitale. Après le réveil de l’Égypte sous le Nouvel Empire, les troupes égyptiennes se sont étendues au sud. Sous le règne de Thoutmôsis Ier, vers -1520, toute la Nubie du nord était annexée.

2-Le Royaume de Koush

Au cours de la Troisième période intermédiaire(-1085 / -750), la Nubie recouvrait son indépendance. Se constitua alors dans le bassin du Nil moyen un « empire koushite » qui allait perdurer durant quelque mille ans. Cette période est traditionnellement divisée en deux époques : celle de Napata, qui a duré de -750 à -300, et celle de Méroé, qui a duré de -300 à 340.

Époque napatéenne

Le royaume de Koush reprit beaucoup de pratiques traditionnelles égyptiennes, notamment leur religion, et les pyramides. Le royaume survit plus longtemps que celui d’Égypte, envahissant même ce dernier durant la XXVe dynastie au VIIIe siècle av. J.-C.. Vers -660, les pharaons koushites sont repoussés vers leur région d’origine, la Nubie, et forment à Napata un royaume original, synthèse des influences nubiennes et égyptiennes.

Vers -591, suite à l’expédition de Psammétique II contre Koush, la capitale quitte Napata pour Méroé, au cœur du Soudan nilotique. À ce fait s’était ajouté le durcissement des conditions climatiques ; ce qui reléguait le Nord à des fonctions secondaires.

Époque méroïtique

À partir des années -315 / -295, s’accentue la rupture (jamais achevée) d’avec le modèle égyptien. Des traits locaux (nubio-soudanais) affirment leur prépondérance au plan politico-religieux, notamment.

En effet, sous Nastasen (-335 à -315), Méroé ravissait à Napata les dernières grandes fonctions qui lui restaient. C’était celles de lieu de couronnement et d’inhumation des souverains.

Pyramides de Méroé au Soudan - Patrimoine mondial de l'UNESCO

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu l’avènement des Candaces, des reines exerçant effectivement le pouvoir politique suprême. L’effectivité de leurs statut et fonctions impériaux est traduite par les titres royaux qu’elles portent et qui sont empruntés au protocole pharaonique. Ce sont Sa-Rê, Neb-tawy et n-swt-bity. Elle est traduite par le geste auguste de massacrer les ennemis qui, depuis Narmer, exprime le triomphe du souverain régnant. Elle trouve aussi un écho dans la Bible.

Durant l’époque romaine, les koushites commerçaient avec les Romains, et étaient également des mercenaires redoutés.

Durant ce temps, les différentes régions se divisèrent en plus petits groupes armés, dirigés par un général. Ils combattirent pour le contrôle de la Nubie, laissant la région faible et vulnérable à toute attaque. Les Noba en profitèrent pour conquérir la Nubie – il est même possible que le nom de la région leur soit dû, à moins que “Nubie” vienne du mot égyptien Nub, l’or. Depuis ce temps, les Romains les ont appelés Nobatae.

Source:

Liste des rois de NapataAnciènne Cité de KERMA

Pyramides de Méroé dans l'actuel Soudan

Aspelta, un des rois de Koush

Nous vous invitons à regarder cette vidéo qui est un film écrit et réalisé par le Docteur Henry Louis Gates Jr.. Ce dernier s’est rendu sur place pour être le témoin des vestiges de ce qui reste de l’une des plus ancienne civilisation du monde et qui risque encore de disparaître.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nubie#Le_Royaume_de_Koush

(Images)

http://commons.wikimedia.org

http://www.flickr.com/photos/81919133@N00/48324689/in/set-962906/

Le nom Afrique viendrait de l’Ouest par les Romains, qui utilisaient le nom Africa terra – « Terre des Afri » (pluriel, ou  » Afer » au singulier) – pour désigner le nord du continent, comme la province de l’Afrique avec pour capital Carthage, correspondant à l’actuel Tunisie.

Les Afri étaient une tribu qui a habité en Afrique du Nord dans la région de Carthage. L’origine de Afer peut être raccordé à la langue afar des phéniciens, qui signifierait « poussière ». Mais une théorie de 1981 affirme que cela découlerait du mot Berbère ifri signifiant « grotte », en référence aux troglodytes (habitants de caverne).

D’autres étymologies, plus discutables, ont été avancées pour l’ancien nom «Afrique » :

  • Le mot Latin aprica signifiant « ensoleillé »;
  • Le mot Grec aphrike,signifiant « sans froid » (voir aussi la Liste des noms de lieu traditionnel grec). L’historien Leo Africanus (1495-1554) attribua à l’origine du mot grec phrike (φρικε, signifiant « froid et horreur »), combiné avec le préfix negatif a- , signifiant ainsi littéralement , une terre sans froid ni horreur. Toutefois, le changement de son de ph à f en grec est daté du premier siècle, c’est donc dire qu’il y a peu de chances que le mot grec aphrike soit à l’origine du mot Afrique.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique

http://winbald.noosblog.fr/afrique/2006/06/tymologie.html

http://www.experiencefestival.com/a/Africa_-_Etymology/id/1282742

http://en.wikipedia.org/wiki/Africa