L’obélisque d’Axoum

juin 17, 2008

Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a signé aujourd’hui un contrat avec l’entreprise de construction Lattanzi s.r.l. afin de commencer la réinstallation de l’obélisque d’Axoum. Egalement connu sous le nom de Stèle 2, l’obélisque est la seconde plus haute stèle du site du patrimoine mondial d’Axoum en Ethiopie. Transporté à Rome par les troupes de Mussolini en 1937, il a été restitué par le gouvernement italien en avril 2005. Pesant 150 tonnes et mesurant 24 mètres de haut, l’obélisque a été déposé près des autres stèles, pas loin de son emplacement d’origine.

Datant d’environ 1700 ans, l’obélisque est devenu le symbole de l’identité du peuple éthiopien. La signification de sa restitution après une période de 68 ans et le défi technique du transport et de la réinstallation de l’obélisque sur le site sont parmi les exemples d’autres projets historiques de l’UNESCO, comme Abou Simbel, où des temples égyptiens ont été entièrement déplacés depuis leur emplacement d’origine afin de les protéger du danger d’immersion, entrainé par la construction du barrage d’Assouan.

Le budget total du projet s’élève à 2,833985 USD, et est financé par le Gouvernement italien, qui a également pris en charge le transport de l’obélisque et les études s’y référant, conduites par l’UNESCO en collaboration avec les autorités et les experts éthiopiens. L’entreprise Lattanzi a commencé à rassembler ses ressources humaines et techniques afin de débuter les travaux à la mi-juillet. Ceux-ci se dérouleront en deux parties, échelonnées sur une période de 18 mois. Pendant la première phase, des fondations seront réalisées pour soutenir l’obélisque et une tour temporaire en acier sera fabriquée afin de déplacer les différentes parties de l’obélisque. Dans un second temps, la structure en acier sera édifiée, et l’obélisque pourra être érigé. Enfin, il s’agira de nettoyer la surface de l’obélisque, de la restaurer, avant le démantèlement de la structure d’acier.

Les ruines de l’ancienne ville d’Axoum, située dans le nord-est de l’Ethiopie sont les vestiges du royaume d’Axoum, état le plus puissant entre l’Empire romain d’Orient et la Perse. Les imposantes ruines d’Axoum remontent aux alentours du I er et XIIIème siècle après J.C. Les stèles monolithiques y furent érigées pendant les IIIè et IVè siècles après J. C. en tant que monuments funéraires dédiés à des membres de l’élite. Le site d’Axoum a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1980.

Les autorités éthiopiennes envisagent de célébrer la fin de l’année 2000 de leur calendrier qui aura lieu le 11 septembre 2008, et sera marquée par l’inauguration de la réinstallation de l’obélisque.

Source: UNESCO

Le Royaume d’Axoum

juin 17, 2008

Aksoum, ancien royaume d’Éthiopie, probablement fondé au Ier siècle de notre ère dans la région du Tigré.
Selon la tradition copte chrétienne, le royaume, dont la capitale était Aksoum, aurait été fondé par Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la reine de Saba. Ayant volé l’Arche d’Alliance dans le Temple de Jérusalem, Ménélik l’aurait cachée à Aksoum. Les recherches archéologiques et historiques n’ont pas encore permis de dévoiler toute l’histoire du royaume, première entité politique constituée en Éthiopie.
Le royaume d’Aksoum est mentionné pour la première fois dans un texte grec anonyme, le Périple de la mer Érythrée, daté du Ier ou du IIIe siècle apr. J.-C. Sa fondation, beaucoup plus récente que le rapporte la tradition copte, qui rattache ainsi la naissance de l’Éthiopie à l’histoire biblique, est liée à l’établissement dans cette région, à partir du Ve siècle avant notre ère, de populations originaires de l’Arabie du Sud. Les relations avec les royaumes sabéens du Yémen sont établies par la présence d’inscriptions et de monuments appartenant à la culture sabéenne et datés du Ve siècle au IIIe siècle av. J.-C.
Le royaume d’Aksoum avait établi des liaisons commerciales avec le monde gréco-romain ainsi qu’avec l’Inde et il occupa une position importante dans la rivalité entre les Empires romain et perse. Lorsque déclinèrent les royaumes yéménites, il étendit sa domination sur la mer Rouge jusqu’au Yémen.
Vers 320, le souverain d’Aksoum fut converti au christianisme monophysite par un naufragé syrien, devenu saint Frumence, et la Bible fut traduite en guèze, langue sémitique alors parlée dans le royaume. La conversion massive de la population fut plus tardive. Elle fut le fait de missionnaires originaires d’Antioche, venus en Éthiopie au Ve siècle.
Le déclin du royaume s’amorça avec la conquête musulmane, qui, au VIIe siècle, isola l’Éthiopie chrétienne. Au Xe siècle, Aksoum fut dévasté par les troupes d’une reine païenne ou judaïsante. Les églises furent brûlées et de nombreux habitants emmenés en esclavage. Au XIIIe siècle, un nouveau royaume chrétien fut fondé plus au sud, qui avait pour capitale Roha. Mais la référence au royaume d’Aksoum est demeurée l’un des éléments constitutifs de l’identité éthiopienne.

Source: MSN ENCARTA

Histoires de la Nubie

février 20, 2008

La Nubie est l’une des plus anciennes civilisations d’Afrique. Son Histoire nous édifie sur l’organisation sociale et l’intérêt scientifique que les africains développaient déjà à l’époque.

Nous aimerions partager avec vous ces informations sur la Nubie.

1-Le cadre géographique et le peuplement

« Historiquement, comme en font foi les plus anciens textes égyptiens, la Nubie commençait, lorsque l’on venait du nord, un peu après El-Kab.

Carte de l'ancienne Nubie

En effet, la province égyptienne située entre Thèbes et Assouan porta longtemps le nom de “Pays de l’Arc“, en égyptien ancien Ta-Seti, qui traditionnellement dans les documents hiéroglyphiques désigne ce que nous appelons la Nubie” (S. Adam & J. Vercoutter, cf. L’Histoire Générale de l’Afrique, Paris, JA/Stock/UNESCO, 1980, chapitre 8, p. 241).

II convient alors de remarquer que le site des nécropoles royales les plus anciennes d’Egypte se trouvent à Hiérakonpolis, situé légèrement au sud de El Kab donc en Nubie. On peut rappeler à ce propos le témoignage de l’historien grec Diodore de Sicile (circa 63 (?) avant notre ère, 14 après) : “Les Ethiopiens disent que les Egyptiens sont une de leurs colonies qui fut menée en Egypte par Osiris. Ils prétendent même que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer, mais que le Nil, entraînant dans ses crues beaucoup de limon d’Ethiopie, l’avait enfin comblé et en avait fait une partie du continent … Ils ajoutent que les Egyptiens tiennent d’eux, comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois” (Diodore de Sicile, Histoire Universelle, Livre III).

Remarque importante : Les Ethiopiens, au sens des Auteurs anciens grecs et latins, sont les Nubiens.

L’étymologie du mot Nubie est le terme égyptien ancien Nub qui signifie or en égyptien ancien : l.

Le toponyme de Koush qui renvoie à la Nubie est souvent rencontré :

“C’est à partir du second millénaire av. J.C. que les textes pharaoniques commencent à mentionner le toponyme Koush. Il servait à désigner une entité socio-politique de la Haute Nubie dont la constitution a eu lieu entre 2200 et 2000 av. J.C.” (Babacar Sall, “L’avènement des Candaces“, Ankh n°3, juin 1994, pp. 68-81, voir aussi : Babacar Sall, Les racines Ethiopiennes de l’Egypte ancienne, Paris, Khepera/L’Harmattan, 1999).

Le Soudan actuel recouvre un grande partie de la Nubie de l’antiquité Nubio-égyptienne. L’étymologie de Soudan pourrait être la lecture de l’expression égyptienne n y swt (qui désigne la royauté et signifie “qui appartient au Sud”) dans l’ordre apparent des signes hiéroglyphiques, ce qui donnerait Souten > Soudan (?) (cf. C. A. Diop, Civilisation ou Barbarie, Paris, Présence Africaine, 1981, p. 136).

Il faut noter l’existence de plusieurs a priori de la part de nombre d’historiens et égyptologues concernant les liens entre la Nubie et l’Egypte pharaonique, visant à opposer de manière arbitraire Nubiens et Egyptiens anciens au plan ethnique :

– Le caractère supposé presque infranchissable des cataractes agissant comme autant de cloisons quasi-étanches entre la Basse vallée du Nil et l’Afrique central vis-à-vis des mouvements de population,

– Une supposée occupation déterminante de la vallée du Nil par des populations venues du Nord,

– L’existence à certaines périodes de relations conflictuelles entre la Nubie et l’Egypte anciennes,

Les expressions du type « Soudan, au pays des pharaons noirs », « Les pharaons noirs de la XXVème Dynastie », « Des pharaons venus d’Afrique »que l’on rencontre souvent témoigne de la persistance de ces postulats idéologiques qui veulent à tout prix faire des Egyptiens anciens des non-Noirs, en dépit des découvertes archéologiques et des travaux notamment des chercheurs africains : C. A. Diop, T. Obenga, B. Sall, A. M. Lam, … voir en particulier le rapport du Colloque d’Egyptologie du Caire, (1974), les différents numéros de la revue ANKH et l’ouvrage de Babacar Sall, Les racines Ethiopiennes de l’Egypte ancienne, (Paris, Khepera/L’Harmattan, 1999).

Les cataractes, le Batnel-Haggar (« Le ventre de pierres ») : région rocheuse en amont de la 2ème cataracte.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nubie#Le_Royaume_de_Koush

Les plus anciens habitants connus de la Nubie sont les Badariens, suivis des Amratiens puis des Gerzéens, appelés civilisations du « groupe A ». Depuis l’installation des Gerzéens, la Nubie a réellement commencé à se former – période qui correspond à l’avènement enÉgypte de la I re dynastie, vers l’an -3100. Les Gerzéens étaient à l’origine un peuple nomade, qui s’installa en Nubie pour devenir éleveurs, s’occupant de moutons, de chèvres et de quelques vaches. Ils se distinguent par leurs poteries et leurs rites funéraires, très différents de ceux des Égyptiens.

La culture gerzéenne déclina aux alentours du XXVIIIe siècle av. J.-C., suivie par les civilisations dites du « groupe B ». On a parfois considéré que les peuples du groupe B avaient envahi la Nubie – on pense aujourd’hui que le groupe B est issu du groupe A. Ces peuples étaient bien plus pauvres que les précédents, et bien moins nombreux. On suppose donc une attaque ou des pillages, probablement égyptiens, qui auraient provoqué une crise en Nubie.

Avec le commerce en Égypte, la Nubie réussit à acquérir un certain niveau de vie et de stabilité. Autour de la VIe dynastie égyptienne, la Nubie fut divisée en petits royaumes – il y a débat concernant l’appartenance ou non des royaumes à un hypothétique « groupe C ». On remarque l’étonnante similitude entre les poteries des anciens du groupe A et celles du groupe C, semblant dénoter soit une nostalgie de ces derniers, soit un retour des premiers. Le désert du Sahara était à cet époque suffisamment invivable pour provoquer l’exode soudain des peuples nomades qui y résidaient normalement, se réfugiant alors en partie en Nubie.

Des civilisations du groupe C, la première à unifier les régions autour d’elle fut celle du royaume de Kerma – royaume qui tient son nom de la cité de Kerma, que l’on suppose avoir été sa capitale. Après le réveil de l’Égypte sous le Nouvel Empire, les troupes égyptiennes se sont étendues au sud. Sous le règne de Thoutmôsis Ier, vers -1520, toute la Nubie du nord était annexée.

2-Le Royaume de Koush

Au cours de la Troisième période intermédiaire(-1085 / -750), la Nubie recouvrait son indépendance. Se constitua alors dans le bassin du Nil moyen un « empire koushite » qui allait perdurer durant quelque mille ans. Cette période est traditionnellement divisée en deux époques : celle de Napata, qui a duré de -750 à -300, et celle de Méroé, qui a duré de -300 à 340.

Époque napatéenne

Le royaume de Koush reprit beaucoup de pratiques traditionnelles égyptiennes, notamment leur religion, et les pyramides. Le royaume survit plus longtemps que celui d’Égypte, envahissant même ce dernier durant la XXVe dynastie au VIIIe siècle av. J.-C.. Vers -660, les pharaons koushites sont repoussés vers leur région d’origine, la Nubie, et forment à Napata un royaume original, synthèse des influences nubiennes et égyptiennes.

Vers -591, suite à l’expédition de Psammétique II contre Koush, la capitale quitte Napata pour Méroé, au cœur du Soudan nilotique. À ce fait s’était ajouté le durcissement des conditions climatiques ; ce qui reléguait le Nord à des fonctions secondaires.

Époque méroïtique

À partir des années -315 / -295, s’accentue la rupture (jamais achevée) d’avec le modèle égyptien. Des traits locaux (nubio-soudanais) affirment leur prépondérance au plan politico-religieux, notamment.

En effet, sous Nastasen (-335 à -315), Méroé ravissait à Napata les dernières grandes fonctions qui lui restaient. C’était celles de lieu de couronnement et d’inhumation des souverains.

Pyramides de Méroé au Soudan - Patrimoine mondial de l'UNESCO

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu l’avènement des Candaces, des reines exerçant effectivement le pouvoir politique suprême. L’effectivité de leurs statut et fonctions impériaux est traduite par les titres royaux qu’elles portent et qui sont empruntés au protocole pharaonique. Ce sont Sa-Rê, Neb-tawy et n-swt-bity. Elle est traduite par le geste auguste de massacrer les ennemis qui, depuis Narmer, exprime le triomphe du souverain régnant. Elle trouve aussi un écho dans la Bible.

Durant l’époque romaine, les koushites commerçaient avec les Romains, et étaient également des mercenaires redoutés.

Durant ce temps, les différentes régions se divisèrent en plus petits groupes armés, dirigés par un général. Ils combattirent pour le contrôle de la Nubie, laissant la région faible et vulnérable à toute attaque. Les Noba en profitèrent pour conquérir la Nubie – il est même possible que le nom de la région leur soit dû, à moins que “Nubie” vienne du mot égyptien Nub, l’or. Depuis ce temps, les Romains les ont appelés Nobatae.

Source:

Liste des rois de NapataAnciènne Cité de KERMA

Pyramides de Méroé dans l'actuel Soudan

Aspelta, un des rois de Koush

Nous vous invitons à regarder cette vidéo qui est un film écrit et réalisé par le Docteur Henry Louis Gates Jr.. Ce dernier s’est rendu sur place pour être le témoin des vestiges de ce qui reste de l’une des plus ancienne civilisation du monde et qui risque encore de disparaître.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nubie#Le_Royaume_de_Koush

(Images)

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